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l'angleterre

Capitale: Londres  
Population: 59,4 millions (2000)  
Langue officielle: anglais  
Groupe majoritaire: anglais (94 %)  
Groupes minoritaires: gallois, gaélique écossais, gaélique irlandais, franco-normand, mannois, cornique  
Système politique: Royaume uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord (d'où Royaume-Uni)  
Articles constitutionnels (langue): aucun (pas de Constitution au Royaume-Uni)  
Lois linguistiques: la Loi sur la nationalité britannique (British Nationality Act) de 1981; la loi de 1984 sur la réglementation de la signalisation routière (Road Traffic Regulations Act); la Loi sur l'éducation de 1996 (Education Act); la Local Government Scotland Act de 1997; la Government of Wales Act de 1998; l’accord de Belfast (Belfast Agreement) de 1998; la Northhern Ireland Act de 1998. 
 
 
1 Situation géopolitique 
 
Les termes Royaume-Uni, Grande-Bretagne et Angleterre recouvrent des entités géopolitiques distinctes et ne sont donc pas synonymes.  
En effet, le terme de Royaume-Uni (angl. United Kingdom) désigne l'ensemble des territoires du pays (voir la carte 1), alors que la Grande-Bretagne comprend les trois «provinces historiques» de l’île de Grande-Bretagne que sont l'Angleterre (England), le pays de Galles (Wales) et l'Écosse (Scotland).  
 
L’Angleterre et le pays de Galles sont réunis depuis 1542, l’Angleterre et l’Écosse, depuis 1707. À partir de 1801, date de l'union de la Grande-Bretagne et de l'Irlande, le royaume a été officiellement appelé Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord (United Kingdom of Great Britain and Northern Ireland).  
 
Après la partition de l’Irlande en 1921, le pays s'est appelé officiellement Royaume-Uni. Il est formé de l’Angleterre (angl. England : 130 412 km²), du pays de Galles (angl. Wales : 20 779 km²), de l’Écosse (angl. Scotland : 78 133 km²) et de l’Irlande du Nord (angl. Northern Ireland ou Ulster : 13 576 km²), pour une superficie totale de 244 820 km².  
 
Si on consulte la carte de l'île de Grande-Bretagne et en excluant l'Écosse et le pays de Galles, on constatera que l'ANGLETERRE compte elle-même plusieurs régions: le Nord-Ouest (North West), le Nord-Est (North East), les Midlands de l'Est (East Midlands), les Midlands de l'Ouest (West Midlands), l'Anglia de l'Est (East Anglia), le Sud-Est (South East) et le Sud-Ouest (South West). Voir la carte des régions.  
 
 
De plus, l'Angleterre compte également 39 comtés non métropolitains, six comtés métropolitains ainsi que le Grand- Londres. Les comtés sont subdivisés en 330 districts qui, eux-mêmes, regroupent quelque 10 000 paroisses. Chaque ordre d'administration locale est présidé par un conseil dont les membres sont élus pour un mandat de quatre ans. En 1985, le conseil du Grand-Londres et les six conseils des comtés métropolitains ont été abolis, alors que la majorité de leurs fonctions fut transférée, dans le cas du Grand- Londres, aux 32 municipalités londoniennes et à la Corporation of London, et, dans les cas des comtés métropolitains, aux conseils des districts métropolitains.  
 
Quant à l'île de Man (572 km²) située en mer d’Irlande (voir la carte 3) et aux îles Anglo-Normandes (angl. Channel Islands : 194 km²) situées dans le golfe de Saint-Malo près des côtes françaises, elles sont des possessions de la Couronne britannique, et ne font pas juridiquement partie du Royaume-Uni (ni de l'Union européenne). Cela signifie qu’aucune loi du Parlement britannique ne s’applique à ces îles, sauf si l’une d’entre elles est expressément désignée par son nom – à partir d’une requête officielle du gouvernement local – dans un texte législatif britannique. 
 
Enfin, le Royaume-Uni a conservé sous sa dépendance certains territoires d'outre-mer: Anguilla, les Bermudes (Bermuda), le Territoire britannique de l'océan Indien (British Indian Ocean Territory), les îles Vierges britanniuqes (British Virgin Islands, les îles Cayman, les îles Falkland, Gibraltar, Montserrat, les îles Pitcairn, l'île Sainte-Hélène, les îles de la Géorgie du Sud et les îles Sandwich du Sud (South Georgia and the South Sandwich Islands), les îles Turks-et-Caicos.  
 
2 Données démolinguistiques 
Angleterre 83,7 %  
Pays de Galles 4,8 %  
Écosse 8,5 %  
Irlande du Nord 2,8 %  
TOTAL 100 %  
La population du Royaume-Uni était officiellement de 59,6 millions d'habitants en 2000. Selon les provinces historiques, l'Angleterre compte 49,9 millions d'habitants (83,7 %); le pays de Galles, 2,9 millions (4,8 %); l'Écosse, 5,1 millions (8,5 %); l'Irlande du Nord, 1,7 million (2,8 %).  
(Source: National Statistics, année 2000) 
 
 
2.1 L'anglais 
 
L’anglais, parlé par 94 % de la population, constitue la langue majoritaire du Royaume. D’autres citoyens britanniques parlent néanmoins des «langues nationales minoritaires»: au pays de Galles, on parle le gallois, en Écosse, l’écossais, en Irlande du Nord, l’irlandais, aux îles Anglo-Normandes, le jersiais et guernesiais. Il existe aussi des langues considérées comme éteintes, telles que le mannois de l’île de Man et le cornique (éteint en 1777) dans les Cornouailles. Il faudrait mentionner aussi les nombreuses langues immigrantes parlées au pays.  
 
On peut consulter un texte présentant une HISTOIRE DE LA LANGUE ANGLAISE en cliquant ICI. 
 
2.2 Les langues ethniques  
 
Au Royaume-Uni, l’expression «minorité nationale» est juridiquement vide de sens, car les groupes minoritaires du pays forment essentiellement des «minorités ethniques» ou des «minorités apparentes». Et la législation anti-discriminatoire du Royaume-Uni est conçue pour protéger les «minorités ethniques», non les «minorités nationales». 
 
Cela étant dit, les langues que nous appelons normalement celles des «minorités nationales» — ou «minorités ethniques» au Royaume-Uni — proviennent surtout des langues celtiques: le gallois au pays de Galles, le gaélique écossais en Écosse, l’irlandais en Irlande du Nord, le cornique et le mannois.  
 
Groupe Langues celtiques  
Gaulois 
gaulois (langue morte) 
 
Brittonique 
breton, gallois, cornique  
 
Gaélique 
irlandais, écossais, mannois 
 
 
Si l'on consulte le tableau ci-dessus, on constatera que le breton (parlée en France), le gallois et le cornique (considéré comme disparu) font partie du groupe brittonique, alors que l'écossais, l'irlandais et le mannois (considéré comme disparu) font partie du groupe des langues gaéliques. 
 
La seule «minorité ethnique» ne parlant pas une langue celtique est le groupe franco-normand des îles Anglo-Normandes, où l’on distingue deux variantes de la langue ancestrale: le jèrriais ou jersiais (angl. «Jersey-French») de l’île de Jersey et le dgèrnésiais ou guernesiais (angl. «Guernsey-French») de l’île de Guernesey. 
 
Les langues minoritaires du Royaume-Uni comptent généralement peu de locuteurs, l’assimilation ayant, dans le passé, fait plus ou moins disparaître la plupart des langues nationales. Ainsi, selon les statistiques de 1991, au pays de Galles, le gallois serait parlé par environ 500 000 locuteurs âgés de trois ans ou plus, soit 18,7 % de la population du pays de Galles. Pour sa part, l’écossais compterait 69 510 personnes, soit 1,4 % de la population écossaise âgée de trois ans et plus. En Irlande du Nord, quelque 142 000 personnes, soit 9 % de la population âgée de trois ans et plus a déclaré avoir quelques connaissances de l'irlandais; sur ces personnes, 79 012 ont déclaré pouvoir lire, écrire et parler la langue. À l’île de Man, il n’existe plus de locuteur parlant le le mannois comme langue maternelle. Quant aux îles Anglo-Normandes, seuls quelques milliers de locuteurs (entre 5000 et 10 000, tout au plus), particulièrement à Jersey, à Guernesey et à Sark, parlent encore le franco-normand (jersiais et guernesiais), la langue des descendants des conquérants normands, ce qui représenterait environ 6 % de la population insulaire. Il s’agit, en fait, d’une forme d'anglo-normand, une langue teintée de vieux français, de dialectalismes normands (vieux norrois des Vikings) et de vieil anglais. 
 
Il faut tenir compte aussi des minorités immigrantes parlant le français, l'allemand, le tsigane, l'hindi, l'ourdou, le pashtou, le pendjabi, le sindhi, le chinois, etc. On constate donc que les minorités historiques parlent surtout des langues celtiques qui, dans le contexte actuel, constituent des vestiges des anciens peuples occupant la Britannia romaine. 
 
3 Le statut de l'anglais au Royaume-Uni  
Le Royaume-Uni ne possède pas de constitution proprement dite, ce qui signifie que l'anglais n'a pas de reconnaissance constitutionnelle. Le droit anglais est d'origine jurisprudentielle, sans codification. Pourtant, les textes juridiques faisant référence à la langue sont relativement nombreux depuis une décennie: 
 
- la Loi sur les tribunaux gallois (Welsh Courts Act) de 1942 
- la Loi sur la langue galloise (Welsh Language Act) de 1967 et de 1993; 
- la Loi sur l'éducation (Education Act) de 1996; 
- la Loi sur la nationalité britannique (British Nationality Act) de 1981; 
- la loi de 1984 sur la réglementation de la signalisation routière (Road Traffic Regulations Act);  
- la Loi sur les autorités locales d'Écosse (Local Government Scotland Act) de 1997;  
- la La loi sur le gouvernement du pays de Galles (Government of Wales Act) de 1998; 
- l’accord de Belfast (Belfast Agreement) de 1998; 
- la Loi sur l'Irlande du Nord (Northhern Ireland Act ) de 1998. 
 
Comme on peut le constater, les lois linguistiques ne semblent pas beaucoup concerner la langue anglaise, ce qui témoigne du fait que cette langue n'a guère besoin de protection. Toutefois, comme le Royaume-Uni est multinational, les minorités ethniques, elles, ont besoin du secours de l'État.  
 
Selon l'article 1 figurant en annexe 1 de la Loi sur la nationalité britannique (British Nationality Act) de 1981, tout individu qui demande la citoyenneté britannique doit démontrer une connaissance suffisante de l'anglais, du gallois ou du gaélique écossais. Ce texte ne signifie pas que l'anglais, le gallois et le gaélique écossais sont des langues reconnues comme officielles dans l'une ou l'autre partie du Royaume-Uni, mais simplement que le gallois et le gaélique écossais sont des langues «ethniques», c'est-à-dire officiellement tolérées. 
 
En réalité, il s'agit d'une reconnaissance plutôt symbolique, car l'anglais est l'unique langue qui permette de communiquer avec tous les sujets de Sa Gracieuse Majesté britannique: c'est donc la langue officielle de facto, puisque l'anglais n'est pas proclamé formellement, sauf dans de très vieilles lois datant du Moyen Âge. Mais c'était avant les réformes qui ont entraîné la dévolution des pouvoirs opérées par le gouvernement du Royaume-Uni aux autorités locales d'Écosse, du pays de Galles et d'Irlande du Nord.  
 
4 La réforme des institutions britanniques 
Afin d’implanter des réformes jugées nécessaires dans le pays, le parlement de Wesminster a adopté plusieurs lois permettant de redonner au pays de Galles, à l’Écosse et à l’Irlande du Nord leur autonomie perdue depuis plusieurs siècles. Cette autonomie — que les sujets de Sa Majesté appellent la dévolution — s’apparente à celle accordée depuis toujours à l’île de Man et aux îles Anglo-Normandes, lesquelles sont toujours demeurées sous la dépendance de la Couronne britannique, bien que toutes ces îles n’aient jamais fait partie officiellement du Royaume-Uni. 
 
Trois référendums successifs ont eu lieu: le 11 septembre 1997 pour l’Écosse, le 18 septembre de la même année pour le pays de Galles et en mai 1998 pour l’Irlande du Nord. Sauf au pays de Galles où l’adhésion a recueilli, en septembre 1997, une faible majorité de 50,3 %, les populations écossaise et irlandaise ont voté massivement en faveur de la dévolution, c’est-à-dire pour le statut particulier dont l'objectif est de restaurer le Parlement local déchu depuis des siècles (au pays de Galles et en Écosse) en lui conférant la gestion d'une partie des programmes décrétés à Londres et, éventuellement, le pouvoir de légiférer et de prélever des impôts. 
 
Le parlement de Westminster a donc adopté la Loi sur l’administration locale de l’Écosse (Local Government Scotland Act) de 1997, la Loi sur l’Irlande du Nord de 1998 (Northern Ireland Act) et la Loi sur l’administration du pays de Galles de 1998 (Government of Wales Act), qui fixent le cadre juridique de la dévolution de ces trois régions. De façon générale, chacune d’elles bénéficie maintenant d’un parlement local au pouvoir limité et d’un exécutif pour gérer les «affaires intérieures» qui les concernent. En d’autres termes, il s’agit d’une dévolution, c’est-à-dire d’une délégation de pouvoir par le gouvernement britannique. Dans tous les cas, le gouvernement du Royaume-Uni conserve sous sa responsabilité les affaires étrangères, la politique économique nationale, la sécurité sociale et la radiodiffusion. 
 
Cependant, la dévolution est différente dans les trois régions. Ainsi, l’Assemblée galloise de 1999 paraît très différente de celle de l’Écosse (2000) et celle de l’Irlande du Nord (1999): elle ne dispose d'aucun pouvoir législatif et ne peut prélever des impôts. À l’exemple des législatures de l'île de Man et des îles Anglo-Normandes, le parlement de l’Écosse et celui de l’Irlande du Nord sont autorisés à s'occuper des affaires intérieures telles que la justice, l’éducation, la culture, le logement, la santé, l’environnement, l’agriculture et le transport. Le Parlement britannique se réserve, pour sa part, les affaires constitutionnelles, les finances nationales, la politique étrangère, la défense, la sécurité sociale et la citoyenneté. 
 
N’oublions pas que le parlement du Royaume-Uni demeure le seul souverain, que la reine continue d’être le chef de l’État et que le pays de Galles, l’Écosse et l’Irlande du Nord font toujours partie du Royaume-Uni. Il n’en demeure pas moins que la dévolution sonne le glas du centralisme politique britannique et que le Royaume-Uni risque de découvrir bientôt les grandeurs et les misères d'une forme de gouvernement asymétrique. 
 
Quoi qu’il en soit, chacun des gouvernements régionaux peut maintenant adopter des politiques linguistiques adaptées à sa situation. Il est d’ores et déjà prévu que le gaélique écossais en Écosse, le gallois au pays de Galles et l’Irlandais en Irlande du Nord deviendront des langues co-officielles (ce qui est déjà le cas pour le pays de Galles) et qu’ils seront traitées sur un pied d’égalité avec l’anglais. Il reste à savoir si ces politiques donneront des résultats dans la réalité. 
 
5 La politique linguistique de l’État britannique 
Au Parlement britannique, seul l'anglais est utilisé dans les débats ainsi que dans la rédaction et la promulgation des lois; celles-ci ne sont jamais traduites en une autre langue. En ce qui concerne la justice et les services gouvernementaux, seul l'anglais est utilisé, bien que le gallois soit permis pour l'administration locale au pays de Galles. 
 
5.1 L’Administration 
 
Toutefois, le gouvernement britannique a annoncé que sa nouvelle politique a pour but de «faire preuve de courtoisie et de respect devant les préférences linguistiques des personnes non anglophones». Dans un avenir rapproché, les personnes appartenant à une «minorité ethnique» pourront utiliser «leur propre langue dans leurs démarches administratives et leurs rapports avec les services publics». Par exemple, le bureau des prestations sociales dispose d’un service d’interprétariat. Depuis 1998, un grand nombre de services ministériels publie des brochures d’information dans des langues minoritaires. 
 
Ainsi, le ministère de l’Éducation et de l’Emploi publie des brochures d’information sur la scolarisation à l’intention des parents de langue minoritaire; le ministère de la Santé a publié plusieurs brochures, portant notamment sur la grossesse, les services de maternité et la mort subite du nourrisson. De plus, dans les régions traditionnellement habitées par un nombre substantiel de personnes appartenant à une minorité nationale, le gouvernement a promis de présenter les dénominations traditionnelles locales, les noms de rues et autres indications topographiques destinées au public, dans la langue minoritaire également, lorsqu’il y a une demande suffisante pour de telles indications. 
 
Le Conseil pour la gestion des administrations locales — Local Government Management Board — a organisé à l’automne 1997 le premier recensement des tous les conseillers locaux en Angleterre et au pays de Galles. Les résultats de cette enquête, qui furent publiés en mars 1998, ont démontré que les minorités ethniques, avec 3,1 % d’élus, étaient sous-représentées aux sein des administrations locales. Évidemment, le gouvernement britannique a reconnu que les «minorités ethniques» étaient sous-représentées au sein des conseils des organismes publiques; il chercherait présentement à remédier à cet état de choses. La politique d’égalité des chances dans la fonction publique voudrait que toute personne admissible ait, à aptitudes égales, les mêmes chances d’accès et de promotion à un poste. Les autorités admettent qu’il ne devrait y avoir «aucune discrimination injuste fondée sur la race, la couleur, la nationalité ou l’origine ethnique». 
 
5.2 La justice 
 
En matière de justice, les procédures se font généralement en anglais, mais en cas de poursuites pénales un service de traduction devait être mis à la disposition des personnes ne parlant pas ou ne comprenant pas l’anglais. Un accord sur l’utilisation d’interprètes dans les procédures pénales est entré en vigueur au 1er avril 1998. Cet accord porte principalement sur la normalisation des «agréments» concernant la présence des interprètes lors des enquêtes sur présomption de culpabilité et sur la comparution de l’inculpé et des témoins dans les procédures pénales en Angleterre et au pays de Galles. Il est apparu en effet que la variété des procédures en vigueur concernant l’utilisation d’interprètes était une source de confusion.  
 
L’accord a également pour objectif de faire en sorte que, avant la fin de 2001, les tribunaux ou les postes de police ne fasse plus appel qu’à des interprètes inscrits au Registre national des interprètes du service public (ou sur l’Annuaire national des interprètes de la langue des signes du Conseil pour l’avancement et la communication avec les sourds et les malentendants). 
 
Entre-temps, les divers organismes sont fortement invités à employer des interprètes inscrits au Registre national, bien qu’ils restent libres de faire appel à d’autres le cas échéant. Les interprètes non inscrits au Registre doivent avoir un niveau au moins égal à celui exigé pour être inscrit au Registre. 
 
5.3 L’enseignement 
 
C’est la Loi scolaire (Education Act) de 1996 qui réglemente l’enseignement au Royaume-Uni. Tous les élèves doivent suivre un cursus national de base comprenant des matières obligatoires et des cours de religion. Les «matières nationales» incluent des cours d’anglais — et de gallois au pays de Galles — ainsi qu’une langue étrangère, sans compter les mathématiques, les science, les technologies de l'information, l’histoire, la géographie, les arts, la musique, l’éducation physique. Quant à l'enseignement de la langue anglaise, il demeure obligatoire à tous les niveaux, de la maternelle à l'université. 
 
Toutefois, il est possible d'enseigner dans une autre langue (p. ex. le gallois, le cantonais, l’hindi, l'ourdou, le pashtou, le pendjabi, le sindhi, etc.) à la condition d'accorder un minimum d'heures égal à l'anglais; dans le cas des langues minoritaires, seul le gallois est enseigné de façon générale comme matière d’enseignement, mais seulement au le pays de Galles. Le gouvernement britannique est d’avis que l’anglais devrait être la langue de l’enseignement dans les écoles, sauf au pays de Galles où cette langue peut être indifféremment l’anglais ou le gallois. En vertu de la Loi scolaire, le premier souci des autorités est de veiller à ce que tous les élèves aient une bonne connaissance de la langue anglaise. Le gouvernement estime que, sans cette connaissance, les enfants dont l’anglais n’est pas la langue maternelle ne pourraient pas saisir toutes les chances que l’école peut leur offrir; ils ne pourraient pas non plus participer pleinement, dans leur vie adulte et professionnelle, à la vie de la société britannique. Selon les statistiques officielles, quelque 200 langues maternelles différentes sont représentées dans les écoles britanniques, et il est possible d’en trouver jusqu’à 60 différentes dans une seule école. D’après le gouvernement britannique, dispenser l’enseignement prévu par le programme national dans autant de langues maternelles ne serait tout simplement pas réalisable. 
 
Tous les Britanniques sont tenus d'étudier une langue seconde: c'est plus souvent le français, mais l'allemand, l'espagnol et le russe conservent des positions enviables. Le nouveau Programme national impose désormais que les établissements secondaires proposent une des langues de travail de l'Union européenne. Cette condition remplie, d'autres langues peuvent être proposées selon les souhaits de chaque école. Il n'y a dans le pays aucune politique en faveur de l'apprentissage des langues régionales du Royaume-Uni. 
 
Cela dit, grâce au programme d'éducation à la citoyenneté des établissements secondaires, dont l'introduction dans le programme scolaire national du Royaume-Uni était prévue pour septembre 2002, tous les élèves devaient, pour la première fois, recevoir un enseignement sur la diversité des identités nationales, religieuses et ethniques et sur la nécessité du respect et de la compréhension mutuels. Dans le cadre de la nouvelle «politique nationale d'éducation personnelle, sociale et sanitaire», on enseigne dorénavant aux élèves à respecter les différences entre les individus, à prendre conscience des sentiments et des points de vue d'autrui, à reconnaître les effets des stéréotypes, des préjugés, de la discrimination et du racisme et à développer des compétences permettant de les combattre activement. Il convient notamment de souligner le «respect de l'aire géographique de chaque langue régionale ou minoritaire», en faisant en sorte que les divisions administratives existant déjà ou nouvelles ne constituent pas un obstacle à la promotion de cette langue régionale ou minoritaire. 
 
5.4 La langue de travail 
 
Enfin, dans le domaine du travail et des affaires, l'anglais demeure sans rival. Toute l'activité économique se déroule exclusivement en anglais, excepté dans les commerces ethniques d'origine indo-pakistanaise où l'hindi, l'ourdou, le sindhi, etc., sont utilisés. Un fait révélateur: les chiffres de l’emploi pour l’été 1998 indiquaient des taux de chômage généralement plus élevés parmi les «minorités ethniques».  
 
En ce qui a trait à l'affichage commercial, celui-ci n'est soumis à aucune loi ni à aucun règlement; il existe de nombreuses affiches bilingues, mais elles ne sont pas le résultat d'un aménagement linguistique. Le gouvernement du Royaume-Uni s'est tout de même engagé à exclure de sa législation toute disposition interdisant ou limitant sans raisons justifiables le recours aux langues minoritaires dans les documents relatifs à la vie économique ou sociale, et notamment dans les contrats de travail et dans les documents techniques tels que les modes d'emploi de produits ou d'équipements.  
 
6 La Charte européenne des langues régionales ou minoritaires  
Dans le passé, le Royaume-Uni ne s'est jamais préoccupé de la protection des groupes minoritaires, si ce n'est pour les faire disparaître. Le gouvernement de Sa Gracieuse Majesté s’est toujours organisé, en effet, pour neutraliser les revendications des minorités nationales. Autrement dit, jusqu’en 1998, le gouvernement britannique a toujours pratiqué une politique linguistique rétrograde. Jamais, le Royaume-Uni n’a voulu favoriser l'emploi des langues régionales ou minoritaires dans la vie publique, que ce soit dans l'enseignement, la justice, l’administration gouvernementale et les services publics, les médias, les activités et équipements culturels, la vie économique et sociale, etc. Il n'était pas dû au hasard que, dans la plupart des colloques internationaux portant sur l'aménagement linguistique, les Britanniques n’ont jamais été très nombreux et n’ont eu jusqu’ici très peu à dire sur la question des minorités. 
 
Depuis quelques décennies, les revendications des minorités se sont fait entendre de plus en plus fortement, particulièrement en Écosse et au pays de Galles où le nationalisme est plus exacerbé. En Irlande du Nord, la politique britannique s’est avéré un échec sur toute la ligne, surtout depuis l’imposition en 1972 de la loi martiale. En tant que membre de l’Union européenne et du Conseil de l’Europe (depuis 1949), le Royaume-Uni a fait longtemps figure de participant récalcitrant en matière de protection linguistique, alors qu’il est à l’origine de la démocratie occidentale moderne. 
 
Pour toutes ces raisons, le Royaume-Uni ne pouvait adhérer à cette «Europe des peuples» dont il voulait pourtant faire partie. Cependant, le gouvernement britannique a finalement senti le besoin non seulement d’assouplir sa politique linguistique, mais également d’accorder à ses «minorités ethniques» une certaine autonomie politique. 
 
Qui plus est, le gouvernement britannique a manifesté son intention de signer (ce qui a été fait au 2 mars 2000) et ratifier (au 27 mars 2001) la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Voici une déclaration officielle (en date du 4 juin 1998) du gouvernement à ce sujet: 
 
Le gouvernement de Sa Gracieuse Majesté a étudié de près l'opportunité pour le Royaume-Uni de devenir un des signataires de la charte qui est entrée en vigueur le 1er mars 1998. Nous avons conclu qu'il y aurait lieu de le faire. La partie II de la charte énonce des principes généraux de reconnaissance des langues minoritaires indigènes, d'assistance à ces langues et d'élimination de la discrimination dont elles feraient l'objet. Nous souscrivons pleinement à ces principes. Nous envisageons de spécifier le gallois pour le pays de Galles et, dès que les éléments pertinents de procédure seront en place, le gaélique pour l'Écosse, conformément aux dispositions de la partie III qui exigent des mesures spécifiques en faveur de l'emploi de ces langues dans la vie publique. Nous prévoyons également de spécifier l'irlandais pour l'Irlande du Nord, à une date ultérieure. La partie II de la charte s'appliquera à l'écossais. Nous examinerons quelles autres langues pourraient, le cas échéant, bénéficier des principes généraux de la partie II et, en temps voulu, être spécifiées selon la partie III.  
 
De fait, le gouvernement britannique a conclu à la pertinence de signer la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. La décision a fait l’objet d’une déclaration publique aux cours d’une conférence portant sur la Community Language Planning. La politique linguistique du Royaume-Uni a donc pris un tournant radical. Elle reconnaît maintenant l’importance du respect, de la compréhension et de la tolérance en matière de diversité linguistique, que ce soit pour le gallois, l’écossais, l’irlandais ou de toute autre langue des diverses «minorités ethniques». Le 2 mars 2000, le gouvernement britannique a signé la Charte. Il ne lui restait plus qu’à la ratifier, ce qui a été fait le 27 mars 2001, pour entrer en vigueur le 1er juillet 2001. 
 
 
 
N’oublions pas que la politique linguistique du Royaume-Uni actuel est le résultat d'une longue tradition de répression exercée par l'Angleterre à l'égard de ses voisins dont elle a conquis les territoires et assimilé toutes les langues (gallois, gaélique écossais, irlandais, mannois, franco-normand, cornique). Maintenant que les langues nationales minoritaires ne peuvent plus constituer un danger pour l’anglais, leur survie étant devenue précaire, on pourrait croire que le gouvernement de Sa Gracieuse Majesté peut maintenant se payer le luxe de la générosité en accordant une certaine autonomie politique aux Écossais, aux Gallois et au Irlandais, qui pourront dorénavant tenter de restaurer leur langue ancestrale et de gérer leurs propres affaires. 
 
Il est vrai que les réformes du Royaume-Uni étaient nécessaires, mais elles semblent arriver trop tard dans la mesure où l’assimilation est devenue une réalité incontournable pour les minorités nationales (appelées officiellement «minorités ethniques»). Malheureusement, plus rien n’empêchera la très grande majorité des Écossais, des Gallois et des Irlandais (sans parler des Mannois et des Anglo-Normands) de continuer à s’exprimer naturellement en anglais dans leur vie quotidienne, à leur travail ou à l’école. Peu importe les subventions gouvernementales de Sa Gracieuse Majesté, les directives de l’Union européenne, la restauration des gouvernements régionaux ou les campagnes de promotion linguistique, l’imaginaire collectif de toutes les minorités nationales continuera de se manifester en anglais. Le gallois, le gaélique écossais et l’irlandais risquent de demeurer des «langues de décoration» qu’on trouvera dans les lois, les noms de rue, les menus de restaurant, etc., mais pas dans la vraie vie. Ces langues ont plus de chance de demeurer des symboles de l’identité collective des sujets «autochtones» de Sa Gracieuse Majesté que de devenir des instruments de communication généralisés dans la vie quotidienne. 
 
 

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Modifié en dernier lieu le 2.10.2004
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