JK Rowling
interview de JK Rowling
D'où puisez-vous votre inspiration ?
Elle nait sans effort. Tout ce que j'écris vient de ma mémoire d'enfant. Je me rappelle très clairement ce que c'est que d'avoir 11 ans. Harry Potter, c'est un peu moi ! Je vois à travers lui. Et je considère comme ma "mission" de l'amener là où il doit arriver à la fin du septième tome, lorsqu'il aura 17 ans et qu'il quittera Poudlard.
Depuis quand écrivez-vous ?
Depuis l'âge de 6 ans. J'ai toujours eu besoin d'écrire. Ma mère était bibliothécaire et je lisais. C.S. Lews qui a écrit "Les Chroniques de Narmia" m'a beaucoup marquée. Plus tard, j'ai découvert la grande romancière anglaise Jane Austen. Aujourd'hui, pour écrire, je m'installe dans les cafés d'Edimbourg, où je vis. Mais je change souvent pour qu'on ne m'embête pas !
Que pensez-vous de votre succès ?
Tout ce qui se passe est déconcertant. Lorsque j'ai commencé à écrire, je pensais qu'être publiée serait déjà vraiment bien. Aujourd'hui, je continue à être étonnée par une chose : mes histoires se passent dans un collège très britanique, lui-même la reproduction de la société anglaise, font rire les enfants du monde entier, qu'ils habitent la Floride ou l'Estonie !
Que ferez-vous après Harry Potter ? Ecrirez-vous pour les adultes ?
Je ne sais pas. Pourquoi pas ! Mais si je suis connue toute ma vie comme un auteur pour les enfants, je ne considérerai pas cela comme secondaire.
interview de JK Rowling
Avec 19 millions de livres vendus dans 130 pays, Joanne K. Rowling est assaillie de demandes d'interviews qu'elle refuse toutes : elle écrit le quatrième volume des aventures de Harry. Exceptionnellement, elle a accepté cet entretien par e-mail...
On a comparé vos romans à ceux d'autres écrivains pour enfants comme C.S. Lewis, J.R.R. Tolkien, Roald Dahl ou Sue Townsend.
Ce sont des comparaisons flatteuses : il y a des choses que j'admire beaucoup chez ces écrivains. Mais les ressemblances sont assez superficielles. Comme Lewis et Tolkien, j'ai écrit une histoire qui se passe dans un monde imaginaire, mais mon propos n'est pas de transmettre des valeurs explicitement chrétiennes comme Lewis, et je n'ai pas non plus inventé une mythologie comme Tolkien. Quant aux comparaisons avec Sue Townsend et Roald Dahl, c'est sans doute parce que nos livres ont en commun l'humour et un penchant pour les détails bizarres.
Pourquoi les enfants adorent-ils les histoires de Harry Potter ?
Ce n'est pas à moi qu'il faut poser la question. Je n'avais jamais imaginé que ces livres auraient un tel succès. Au contraire, mon seul espoir était de les voir publiés. Je les ai écrits entièrement pour moi, et je trouve très difficile d'en parler de manière objective. Les enfants que je rencontre parlent surtout des personnages; ils éprouvent des sentiments très forts pour eux et me demandent de ne pas faire mourir leurs préférés.
Comment expliquez-vous que les grandes personnes prennent aussi plaisir à lire ces livres ?
Sans doute parce que je les ai écrits pour moi, et que je suis une grande personne !
Quelle distinction faites-vous entre les livres pour adultes et pour enfants ?
Je n'en fais aucune, et je n'en ai jamais fait. Il ne me viendrait pas à l'idée d'avoir honte de lire en public un livre qui est visiblement un livre pour enfants. J'ai lu Bilbo le Hobbit à 26 ans et je n'ai jamais ressenti le besoin de le cacher derrière un journal quand je prenais le bus.
Quels livres d'enfants avez-vous aimés ?
Quand j'étais petite, j'aimais les livres d'Edith Nesbit, Kenneth Graham, Elizabeth Goudge, Noel Streatfield et Paul Gallico. Le meilleur livre pour enfants que j'aie lu récemment, c'est Skellig de David Almond.
Quels auteurs comptent pour vous ?
Parmi les écrivains vivants, c'est Roddy Doyle que je préfère. Je pense que c'est un génie. J'aime aussi énormément Jane Austen et Colette.
Que lisez-vous à votre fille ?
Je lui ai lu les Chroniques de Narnia (de C.S. Lewis). Toutes, sauf la dernière que je trouve moins accessible pour une enfant de 6 ans. Elle a adoré Little Plum de Rumer Godden et Charlie et la chocolaterie de Roald Dahl. Mais je dois vous dire, et j'en suis ravie, que son préféré, c'est Harry Potter ! Le troisième volume est le plus sombre. C'est sans doute aussi le meilleur, notamment parce que vous avez évité l'autocensure.
Où placez-vous la limite ?
Je ne suis pas sûre qu'il y ait une limite. Je suis absolument opposée à toute forme de censure. Un écrivain ne devrait pas être gêné par les attentes de ses lecteurs, même s'ils sont aussi sympathiques que les miens. On doit être libre d'écrire ce qu'on veut, et le lecteur est bien sûr libre de ne pas continuer à lire ou à acheter vos livres.
Quel âge a le lecteur auquel vous pensez quand vous écrivez ?
Elle a 34 ans, c'est moi. Je n'imagine jamais d'autres lecteurs.
Dans votre tournée américaine, vous avez été accueillie comme une rock-star. Ca vous a plu ?
Je ne vois rien chez moi qui ressemble à une rock-star. Le plus agréable, quand on fait la promotion de ses livres, c'est de rencontrer les enfants qui les ont lus. Pendant cinq ans, le monde de Harry a été mon secret très personnel. Traverser l'Atlantique et rencontrer des milliers de gens qui connaissent tous ces personnages avec lesquels je vis dans ma tête depuis neuf ans est l'expérience la plus extraordinaire et la plus merveilleuse que je connaisse.
Quel est l'aspect que vous aimez le moins ?
Je me passerais avec joie des journalistes qui sonnent à ma porte quand j'essaie d'écrire.
Qu'est-ce qui vous permet de garder le désir d'écrire après un tel succès ?
Le désir de raconter l'histoire de Harry en entier. Tout ce que je souhaite, c'est d'avoir le temps d'écrire les sept livres.
Après Harry Potter, écrirez-vous pour les enfants ou pour les adultes?
D'abord, il y a l'idée. Ensuite, les éditeurs décident du groupe d'âge auquel ils vont vendre le livre. Je n'ai aucune idée de qui pourrait aimer mes prochains livres, parce que je ne sais pas encore ce que j'écrirai. Mais, si je suis connue comme écrivain pour enfants jusqu'à la fin de mes jours, je ne me considérerai certainement pas comme un écrivain de deuxième ordre.
Diriez-vous "Harry Potter c'est moi", ou êtes-vous plutôt Hermione Granger ?
Il y a énormément de moi dans Harry, mais le personnage le plus proche de moi à l'âge de 11 ans, c'est sans aucun doute Hermione. Je n'étais pas aussi intelligente qu'elle, mais je pense que, à l'époque, j'étais aussi casse-pieds.
Le méchant s'appelle Voldemort. Pourquoi un nom français ?
Je ne pense pas que ce soit mon sang saxon qui se rebelle : Rowling est en fait un nom normand, et ma mère était en partie française. C'est plutôt une question de sonorité. Pour une oreille britannique, Voldemort évoque quelque chose de gentiment mystérieux, qui vient d'un autre monde.
Vous avez vécu un an en France, quel souvenir en gardez-vous?
J'ai adoré vivre à Paris. J'ai gardé des amis de cette période. Je me souviens surtout que j'écrivais dans les cafés. Je le faisais déjà à l'époque, et je dois dire que ce sont vraiment des cafés dans lesquels on peut écrire.
Est-ce difficile de savoir à l'avance ce que vous ferez pendant les quatre années à venir ?
Non, c'est un soulagement et un délice. Si je n'avais pas été publiée, je serais encore en train de m'arracher les cheveux à essayer de me trouver du temps pour écrire pendant la journée. Pour moi, c'est un luxe incroyable de pouvoir passer des jours entiers à faire ce que je préfère. Je considère que j'ai énormément de chance.
Biographie
J.K. Rowling est née en 1967 au pays de Galles dans l'hôpital général de Sodbury. Sa sœur D.I. Rowling est née deux ans après elle. Très jeune J.K a commencé à écrire des livres, le premier, écrit alors qu'elle avait cinq ans parlait d'une aventure vécue par un lapin. Puis sa famille a déménagé deux fois et Johanne a poursuivi ses études à l'école secondaire Wyedean. Elle était très studieuse et n'était pas très bonne en sport , "elle a été la seule joueuse de son école à se casser un bras en jouant au net ball ". Puis à l'université d' Exeter à Paris ( elle est diplômée en langue et littérature française ). Elle a aussi travaillé à Londres au sein de l'association Amnesty International et a enseigné le français. J.K. a commencé à écrire des " trillers " pour adulte mais cela n'a malheureusement pas marché. C'est en 1990 que l'idée d'Harry Potter et de son école de magiciens a commencé à germer dans son esprit alors qu'elle attendait un train qui avait du retard. Ce n'est pourtant que trois ans plus tard qu'elle a commencé à écrire les aventures de l'apprenti sorcier. Entre-temps, Joanne est parti enseigner au Portugal. Puis elle s'est mariée avec un journaliste portugais et a eu une petite fille, Jessica. Après son divorce, quelques mois plus tard, elle s'est installé à Edimbourg. Elle vivait dans une situation précaire. Pendant six mois, elle s'est consacrée à l'écriture de son livre. Après avoir été refusé plusieurs fois, son manuscrit fut retenu par Bloomsbury. Le livre fut ensuite vendu aux enchères aux Etats-Unis pour la plus grosse avance jamais versée à un auteur pour la jeunesse ! Le premier volume d'Harry Potter a rencontré dès sa parution un succès phénoménal, tant en Grande-Bretagne qu'à l'étranger. Il a été traduit en trente langues et vingt millions d'exemplaire ont été vendus dans le monde entier en l'espace de dix huit mois. " Harry " a remporté les prix les plus prestigieux, dans tous les pays où il a été publié. Il est en tête des ventes adultes et enfants confondus en Grande - Bretagne et aux Etats Unis. Les volumes suivants ne cessent quant à eux de confirmer le succès du premier. La sortie du quatrième dans sa langue d'origine, le 8 juillet 2000 aux Etats-Unis et en Grande- Bretagne, constitue une véritable fête nationale. Sept livres sont prévus, au rythme de un par an. JK Rowling fera grandir, évoluer et mûrir Harry : chacun représente une année de plus passée à Poudlard. JK Rowling vit toujours à Edimbourg avec sa petite fille, se tenant aussi éloignée que possible des médias et du succès étourdissant de ses livres, afin de se consacrer à l'écriture des aventures de son petit sorcier.